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Vivre au village ou l’exil

by Lou Petho

(Français) Ban Phur est un petit village du nord de la Thaïlande agricole, où les habitants vivent une vie paisible au rythme des récoltes, de la pêche, et des fêtes bouddhistes et animistes qui scandent la vie quotidienne et en organisent tous les aspects. C’est un petit paradis, calme, magnifique, et dont les habitants semblent ne pas connaître le stress.

C’est là que je vis, avec Yenn, ma femme, et Vincent et Aung, nos enfants.

Yen rêve de quitter le village pour gagner plus d’argent, donner une meilleure éducation à Vincent, lui proposer un univers plus élargi que celui du village. C’est une femme courageuse et entreprenante, elle a appris l’anglais toute seule et a travaillé longtemps dans des hôtels de luxe, en laissant Aung à la garde de ses parents, comme c’est le cas de beaucoup de Thaïs des zones rurales. Elle attend avec impatience notre départ, tout en continuant d’être largement impliquée dans la vie communautaire, et dans la proximité avec ses parents qui vivent dans la maison à côté de la nôtre.
Quant à moi, je suis très hésitant : déménager en Occident serait un changement radical pour nous tous. Au village nous vivons en famille élargie, avec tout l’espace vital nécessaire pour Vincent et Aung ; en ville nous deviendrons une famille nucléaire, à l’étroit dans un petit appartement, accrochés à Skype pour entretenir nos relations familiales. Au village nous pouvons survivre à des périodes de dèche, car nous vivons pratiquement en autarcie, en ville les factures s’empilent inexorablement chaque mois.

Faut-il quitter ce monde de calme pour la grande vie occidentale ?